Dans quels cas êtes-vous indemnisé par le régime CatNat ?
Instauré par la loi du 13 juillet 1982, le régime des catastrophes naturelles vise à indemniser les dommages matériels causés par des agents naturels d'une intensité anormale.
Pour qu'un sinistre soit pris en charge au titre du régime CatNat, une condition administrative stricte est requise : la publication d'un arrêté interministériel au Journal officiel. Cet arrêté précise les communes touchées, les dates de survenance et la nature du phénomène.
Les périls officiellement couverts par ce régime incluent :
- les inondations (ruissellement, débordement, remontée de nappes) ;
- la sécheresse et le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) ;
- les mouvements de terrain et glissements de terrain ;
- les submersions marines et chocs mécaniques des vagues ;
- les séismes, avalanches et éruptions volcaniques.
Qui finance ce régime ?
Ce fonds de solidarité garanti par l'État est financé par une surprime CatNat prélevée sur l'ensemble des contrats d’assurance habitation, locaux professionnels et véhicules tous risques.
Qui indemnise les sinistres liés à une catastrophe naturelle ?
C'est votre compagnie d'assurance qui évalue les dommages et verse l'indemnisation financière. La garantie Catastrophes Naturelles (CatNat) est automatiquement incluse dans tous les contrats d'assurance dommages aux biens (assurance multirisque habitation, contrat auto tous risques, assurance des locaux professionnels, etc.).
Lorsqu'un événement climatique majeur survient, le coût global peut dépasser les capacités financières des seuls assureurs privés. Dans ce cas, c’est au tour des acteurs publics d’intervenir. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR), société anonyme détenue par l'État, joue le rôle de « réassureur des assureurs » en prenant en charge une part importante des indemnisations payées par les compagnies d'assurance. Elle bénéficie par ailleurs de la garantie financière illimitée apportée par l’Etat français. En dernier recours, c'est donc l'État qui garantit la solvabilité du système pour s'assurer que chaque sinistré soit payé.
Les 3 conditions indispensables pour être indemnisé d’une catastrophe naturelle
- Vous devez posséder un contrat en cours pour une assurance “dommages” de type multirisque habitation (MRH), assurance auto tous risques ou dommages tous accidents (une assurance auto au tiers ne couvre que la responsabilité civile et non les dommages causés au véhicule).
- Votre commune doit être mentionnée dans l’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle publié au JO.
- Vous devez déclarer votre sinistre à votre assureur dans les 30 jours maximum suivant la parution de l’arrêté au JO.
À noter : le montant des indemnités reste soumis à des franchises réglementaires. Par exemple, la franchise légale en matière d’indemnisation de catastrophe naturelle s'élève à 380 € pour les biens à usage d'habitation et peut monter à 1 520 € pour les dommages liés à la sécheresse.
Les incendies, grands oubliés de la garantie CatNat
Lorsqu'un feu dévaste des milliers d'hectares et emporte avec lui des habitations, comme c’est le cas cet été tout particulièrement, le premier réflexe est de parler de catastrophe naturelle. Pourtant, sur le plan juridique et assurantiel, les incendies de forêt ne sont pas considérés comme des catastrophes naturelles et, de ce fait, ne sont pas couverts par la garantie CatNat.
La raison en est simple : les feux de végétation sont presque toujours d’origine humaine, accidentelle ou volontaire.
La prise en charge relève donc directement de la garantie Incendie, automatiquement incluse dans tous les contrats Multirisque Habitation (MRH) et disponible en option ou de série dans les contrats d'assurance automobile (couverture vol/incendie ou « tous risques »).
Ce que comprend la garantie incendie d’une assurance multirisque habitation (MRH)
Dans la quasi-totalité des contrats MRH, la garantie incendie est incluse d'office, que l'on soit propriétaire occupant, propriétaire bailleur ou locataire. Elle constitue même une obligation légale pour les locataires, via la garantie dite « des risques locatifs ».
Concrètement, elle prend en charge les dommages matériels résultant :
- d'un incendie au sens strict qui se manifeste par une combustion avec flammes se développant en dehors d'un foyer normal ;
- d'une explosion ou d'une implosion ;
- de la chute de la foudre ;
- des dégâts causés par les secours : eau, mousse ou dégradations liées à l'intervention des pompiers pour éteindre le feu.
Beaucoup de contrats y ajoutent :
- les accidents d'ordre électrique comme un court-circuit endommageant une installation ;
- les dommages ménagers, c'est-à-dire les dégâts liés à un excès de chaleur sans incendie caractérisé comme un fer à repasser oublié qui brûle la moquette, par exemple ;
- les frais de relogement temporaire si le logement est rendu inhabitable.
Ce que la garantie incendie ne couvre pas toujours
Vérifiez bien la garantie incendie de votre contrat car certaines limites peuvent y être mentionnées et réduire voire supprimer votre indemnisation. Ca peut notamment être le cas pour :
- un feu qui s'éteint seul, sans avoir pris une réelle ampleur. Certains assureurs peuvent considérer qu’il ne s’agit pas réellement d’un incendie
- un défaut d'entretien manifeste (installation électrique vétuste jamais révisée, cheminée jamais ramonée) peut justifier une réduction, voire un refus d'indemnisation.
- les biens professionnels, les espèces, les objets de valeur non déclarés, ou encore les arbres et plantations du jardin, restent généralement hors du champ de la garantie de base. De même, une piscine non déclarée à l’assureur, sera en générale exclue du périmètre d’indemnisation.
Enfin, il est évident qu’un incendie volontaire déclenché par l'assuré n'est jamais couvert par les assurances.
Nos conseils pour être bien assuré contre le risque incendie
1. Vérifiez le montant du capital mobilier assuré
On est souvent tenté de sous-estimer la valeur des meubles et objets pour payer une prime plus faible. Le risque est évidemment de se retrouver sous-indemnisé en cas de sinistre total. Un inventaire chiffré, mis à jour après chaque achat important, évite les mauvaises surprises.
Important : si vous êtes assuré en tant que propriétaire de votre logement, pensez à inclure le prix des meubles de cuisine et de salle de bains, des placards et de tout autre élément fixe, dans votre estimation de valeur car en cas d’incendie, il faudra entièrement rééquiper le logement.
2. Déclarez précisément vos objets de valeur
Bijoux, œuvres d'art, matériel high-tech : ces biens nécessitent souvent une déclaration spécifique et parfois une garantie complémentaire. Sans cela, l'indemnisation en cas d'incendie peut être plafonnée à un montant dérisoire.
3. Entretenez régulièrement vos installations à risque
Faire ramoner sa cheminée chaque année, faire vérifier son installation électrique et son installation de gaz, installer un détecteur de fumée (obligatoire depuis 2015) : au-delà de la sécurité, c'est aussi ce qui évite à l'assureur d'invoquer un défaut d'entretien pour réduire l'indemnisation.
4. Optez pour une indemnisation en valeur à neuf
Certains contrats indemnisent en valeur à neuf (remplacement à l'identique), d'autres appliquent un coefficient de vétusté qui réduit l'indemnisation selon l'âge des biens. Pour un logement ancien ou du mobilier de valeur, l'option « valeur à neuf » mérite d'être négociée.
5. Réévaluez votre contrat avec votre assureur après des travaux ou un déménagement
Une extension, une rénovation, l'installation d’une piscine, de panneaux solaires ou d'une pompe à chaleur modifient le risque et la valeur du bien. Ne pas actualiser son contrat peut entraîner une sous-assurance non détectée avant le sinistre.
6. Conservez les preuves
Factures, photos du logement meublé, relevés d'inventaire : ces éléments accélèrent considérablement l'indemnisation en cas de sinistre et limitent les contestations sur la valeur des biens perdus.
7. Ne perdez pas de temps
En cas d'incendie, vous avez 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur.
Le coffre-fort numérique : le bon outil pour optimiser votre indemnisation en cas d’incendie
Quand tout a brûlé, il est difficile de justifier ses possessions auprès de son assureur à moins d’avoir rassemblé des preuves dématérialisées. Que vous les hébergiez sur un cloud ou dans un coffre-fort numérique, vos justificatifs seront d’une aide précieuse pour permettre à l’expert de reconstituer vos avoirs.
Soyez méthodique :
- conservez bien tous les justificatifs officiels comme les certificats de ramonage, d’entretien de la chaudière, les expertises de bijoux ou d'œuvres d’art, les permis de construire et déclarations de travaux.
- pensez à prendre régulièrement des photos et vidéos de votre intérieur et n’oubliez pas ce qui se cache derrière une porte de placard ou une penderie car en cas d’incendie, vous devrez vous rééquiper jusqu’à la petite cuillère !
- archivez toutes les factures utiles et les tickets de caisse pour justifier des dates d’achat de vos meubles ou de votre électroménager.
Au-delà des preuves numériques, les décombres peuvent fournir de précieuses informations à l’expert de votre assurance. N’y touchez pas, tant que celui-ci n’est pas passé.
Gestion de crise exceptionnelle concernant les incendies de juillet 2026
En réponse aux violents incendies qui ont sévi en Gironde, dans les Landes et dans le Var et face au caractère exceptionnel de cette catastrophe de très grande ampleur ayant entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes, le gouvernement et la fédération France Assureurs ont mis en place un dispositif d'urgence pour accompagner les populations et les acteurs économiques.
Principale mesure annoncée : les compagnies d'assurance se sont engagées à prendre en charge les frais de relogement des ménages contraints de quitter leur habitation, que celle-ci ait été endommagée ou non, pour une durée exceptionnelle de trois semaines, jusqu'au 31 août. En parallèle, des expertises accélérées dès que les zones sinistrées sont prévues et des mesures de chômage partiel ont été mises en place pour répondre aux besoins des 13 000 entreprises impactées par les évacuations.